mardi 11 octobre 2016

L'homme qui dormait dans le froid du petit matin

Un article paru sur le blog de Mao, une réflexion qui est dans l'esprit de Libert'aide, alors nous partageons.

"8h20 ce matin, promenade de ma petite chienne sur l'espace vert réservé au bas de ma rue. Il fait bien frais encore, 3 petits degrés, les enfants partent à l'école, la ville est encore calme. Et là, derrière la petite église, dans le renfoncement d'une grille, je vois une forme enroulée dans un sac de couchage. A côté une paire de vieilles baskets, une bouteille d'eau presque vide et un sac qui semble contenir des affaires. 

Un être humain a dormi là, alors que la température a touché le zéro. Est-il vivant, est-il mort, va t'il autant que possible bien? Aller le voir ? le réveiller ? Que faire ? Je rentre vite à la maison, profondément touchée par ce que je viens de voir. 

Oh bien sûr, des SDF j'en vois depuis longtemps, j'ai même connu ces vieux universitaires devenus clochards célèbres dans la ville de ma jeunesse. J'échangeais avec eux, leur donnait un peu d'argent, mais il y a 40 ans, la misère était moindre, et de beaucoup. 

J'ai cherché ce que nous avions qui pourrait le nourrir. Alors j'ai pris le paquet entamé de brioche des enfants, une bouteille de jus d'ananas et je suis repartie vers la forme allongée. Qu'il puisse au moins se mettre quelque chose dans le ventre pour se remettre du froid et affronter ce qui serait, c'était évident, une autre longue journée.

Quand j'ai déposé mon paquet, il s'est réveillé en sursaut, apeuré. Il avait les yeux rougis du manque de sommeil. Comment peut-on bien dormir en surveillant la nuit et ses maigres affaires? En luttant contre le froid? Il n'était pas tout jeune ce monsieur, peut-être 45 ans. Combien de merci aies je entendu, et ses yeux tout étonnés de voir un peu de bonté humaine vont rester gravés dans ma tête à jamais.

Ce pauvre monsieur qui parlait un français sans accent avait la peau un peu trop foncée pour les goûts de certains, une "sale peau d'arabe" ou "d'immigré", vous savez de ceux dont on dit que "le gouvernement les loge et leur donne plein d'argent" pendant que "nos" SDF" restent dehors.

Aurais-je du m'assurer qu'il avait une bonne tête de "bien français" avant de lui venir en aide même aussi peu que je l'ai fait? Mais c'est quoi au fait une "tête de bien français" ? Moi je n'ai vu qu'un humain, un frère, réduit à dormir par terre, dans le froid, je ne dirai pas comme une bête parce que elles aussi j'essaie d'améliorer leur sort. Je dirais comme un rebut, comme les poubelles que l'on sort le soir pour être ramassées au matin. Dans quel monde vivons-nous?

Je croise régulièrement des jeunes, de l'âge de mes filles qui font la manche devant le supermarché de la ville. Chacun leur tour, vivant dans un squat connu de tout le monde ou presque. Plusieurs ont le vocabulaire, le regard de ceux qui ont poursuivi leurs études au-delà du collège.

Et pourtant ils sont là, dehors, à attendre l'aumône pour se nourrir. Non, ils n'ont pas des têtes de drogués, même si sans doute, ils fument un peu d'herbe illicite quand ils en ont, quel rêve leur reste t'il si non? Je leur donne toujours quelque chose et je suis heureuse de voir que mes filles font de même, d'elles-mêmes. Ouf ! Elles sont humaines.

Ce matin, j'ai pleuré pour ce que j'ai vu. Je pleure souvent, c'est sûr, sur la misère humaine, sur ce qui se passe à Alep et ailleurs. Mais là, était-ce le matin, le froid, son regard, je l'ignore, mais c'était encore plus dur que d'habitude. Nous avons tous un coeur, une âme, il est plus que temps d'aller les rechercher au fond des grottes noires d'égoïsme où elles se terrent celles- là. 

Nous ne pensons plus qu'à nous, à notre confort, aux quatre sous de notre porte-monnaie, à ce qui nous intéresse nous et nous oublions l'autre. Mais qui est-il sinon un autre nous-même? 

Les gens se plaignent de ce qui se passe, du fait que la planète est en perdition, qu'il n'y a plus de valeurs, de solidarité, de tas de belles choses, mais individuellement que font ils ? Que fais-tu toi qui me lis ? Es-tu sur d'être si concerné que cela ? Si altruiste que cela ?

J'en veux pour exemple le projet Po'oz que je défends, que je porte fort et haut puisque j'en suis le "porte parole". Oh qu'il est beau ce projet, que de compliments à chaque fois qu'on en parle, ou qu'on nous en fait retour. 

Mais qui donne ? Qui a pris la peine de chercher quelques euros à verser de sa carte bancaire ? Qui s’est dit ‘j’adhère » pour soutenir ?

Je les compte pour l'instant sur les doigts de la main. Et pourtant, combien viennent me demander un conseil ? une aide ? Combien l'ont déjà reçu, pas qu'une fois et gracieusement ? Alors cette humanité ? ce retour, où est il ? Sont ils fiers d’eux les « abonnés absents » ?

Je crois de plus en plus qu'il faut donner des leçons aux humains pour qu'ils comprennent. Donner sans retour ne fait que conforter la majorité dans leur égoïsme. Alors donner à celui qui n'a rien, que ce soit nourriture, argent ou temps, oui !  Encore et toujours, et personnellement, je ne suis pas prête de m'arrêter.

Mais donner à celui qui a déjà et ne sait plus ouvrir sa main pour l'autre, et dans mon cas, pour ce projet d'aide à des jeunes qui grâce à cela, eux, ne feront pas un jour la manche ou ne dormiront pas contre une grille, donner à celui-là, il n'en est plus question.

J'ai bien trop peu de temps et il y a bien trop à faire pour faire avancer le monde. Entre Po'oz, Libert'aide et l'association Autisme Loire que j'aide aussi parce qu'elle aide formidablement mon fils à vivre dans ce drôle de monde égoïste et dur, le temps restant sera bien mieux utilisé pour de belles causes et pour ceux qui sont au bout du rouleau que pour ceux qui trouvent normal d'être aidés, soutenus, sans jamais donner en retour.

Merci à la Lumière de m'avoir fait croisé ce monsieur qui m'a fait si mal. Lorsque je vis quelque chose de dur, j'envoie toujours à la Lumière la souffrance ou la colère et je lui demande en échange de m'apporter quelque chose de positif sur cette épreuve. Encore une fois, comme toujours, elle l'a fait.

Me voici plus déterminée que jamais à faire avancer Po'oz ! Plus déterminée que jamais à mettre ceux qui viendront me demander mille aides en tout genre en face de ce projet pour qu'ils apprennent le mot "échange" qui devrait être le plus beau sur ce monde afin qu'il devienne enfin véritablement "Humain ». 

En quittant cet homme, je l’ai salué en lui disant « Que Dieu vous bénisse », qu’il te bénisse aussi toi qui vient de me lire, que tu l’appelles Architecte, Lumière ou que tu n’y crois pas, que ton chemin soit beau surtout !
Plein de Lumière!
Mao"


dimanche 2 octobre 2016

Le site de l'association Po'oz est ouvert

Nous sommes heureux de vous annoncer l'ouverture du site
de l'association "Po'oz", que nous soutenons 

http://poozjeunes.weebly.com

PO’OZ, un nom, un symbole, un parcours
 
Po’oz, pour une Pause magique à l’entrée de sa vie.
Magique parce qu’elle va permettre de trouver les vraies clefs de son avenir.
Po’oz se veut un lieu en dehors du temps, en dehors de la vie de tous les jours,
comme la ballade de l’héroine du Magicien d’Oz.

Po’oz ne veut pas être une structure de plus pour de jeunes adultes qui ont décroché de la famille, des études, voire qui sont déjà partis sur les mauvais chemins, ils en existent assez.

Po’oz veut être ce qui n’existe pas encore, un lieu pour ceux qui sont au bord de ce gouffre là mais pour qui il ne faut pas grand-chose pour éviter et repartir du bon pied, des jeunes qui ont encore un environnement familial, un toit, des bases, des repères mais qui ne s’y retrouvent plus.

Un lieu pour accueillir un tout petit peu de temps des jeunes qui peuvent continuer ou reprendre études ou formation professionnelle parce qu’ils sont encore assez jeunes et que le décrochage  est seulement en route.

Un lieu pour accueillir des jeunes pour qui le dialogue familial est totalement bloqué et qui donc n’ont plus d’interlocuteur qui puisse les écouter, les entendre et leur parler.

Aider ces jeunes à comprendre pourquoi les choses en sont là et comment dépasser, comment retrouver un équilibre dans leurs relations familiales,

Les aider à regarder leur avenir, à choisir tranquillement, avec les bons outils ce qu’ils veulent faire pour gagner leur vie, quel métier, quelle formation et les aider à trouver la piste pour y parvenir

Les aider à croire en eux, à trouver au fond d’eux même leur valeur qu’ils ne voient pas. 

Les voir repartir apaisés et forts, confiant en demain pour qu’ils deviennent des adultes indépendants et épanouis, porteurs de valeurs qu’ils pourront à leur tour transmettre.

Leur permettre d’aller vers une vie qui ne sera pas une longue suite d’échecs et de déception mais une vie épanouie.